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26-09-2007

Essai de dissertation …du bonheur … et du Désir …

Ne pouvons – nous que désirer être heureux …?

 

Pourquoi poser cette question en introduisant une restriction …?

Doit – on comprendre que nous ne pouvons rien désirer d’ autre que d’ être heureux ?

Peut- on entendre que nous ne pouvons que rechercher à être heureux , que le sens de notre vie est contenu dans ce désir …?

Y a – t- il un lien entre le désir et le fait d’ être heureux , dans le sens où tout désir est désir d’ être heureux ?

Peut – être ne pouvons – nous que désirer être heureux et non pas être heureux .Ains nous ne connaissons que le désir d’ être heureux , sans jamais l’ être …sans jamais atteindre ce bonheur tant désiré…

Il me paraît interessant de revenir à ce  » nous  » .Il s’ agit de l ‘ Homme en général , de tout être humain , sans restriction aucune me semble-t -il …

Ainsi , quelque soit l’ âge , un être serait en désir d’ être heureux ..;comme en quelque sorte contraint de suivre ce désir …

Comment alors envisager qu’ un enfant , un tout petit , un nourrisson puisse désirer et désirer être heureux …? Est – il possible d’ attribuer à un nouveau – né un désir …?

Le nouveau – né présente une immaturité dans le sens où son corps , notamment son cerveau doit encore évoluer de manière considérable pour lui permettre d’ ‘ accéder à la maturité vers laquelle il tend .

Que pourrait recouvrir le désir chez un si jeune enfant ?

Le désir nécessite la conscience de désirer , semble – t- il .Celui qui désire sait qu’ il désire .

Que peut savoir un enfant du fait de désirer …?

L’ adulte est apparement conscient de désirer , il est sans doute conscient de désirer ,est- il alors conscient de la raison pour laquelle il désire et ce qu’ il désire réellement …?

Si l’ être humain ne peut que désirer être heureux , le veut-il…?

Est- ce possible pour un être humain d’ étre heureux …?

 

Partant du principe que le « nous  » contenu dans la question de départ renvoie à tout être humain vivant , je choisis de me questionner à propos du désir chez le nourrisson …

Si le propre de l’ être humain est de désirer être heureux , ce désir s’ applique t- il à un tout jeune enfant comme à tout être humain quelque soit son âge…?

Qelles sont les éléments qui permettraient d’ affirmer qu’ un être désire et qu’ est – ce qu’ un désir …?

Un désir peut – être lié à un manque .Partant de cete hypothèse , ce manque provoque une sensation désagréable physique ou psychique .

Et , lorsqu’ il y a conscience de ce qui manque , l’ être va tenter de combler ce manque .

Si nous prenons l’ exemple de la faim , le corps manifeste , fait savoir qu’ il est en manque de nourriture , il y a un besoin qui demande à être satisfait .

Peut – on alors parler de désir ?

Le tout jeune enfant , qui ressent la faim a besoin de nourriture n’ a – t – il pas aussi le désir d’ appaisement de la sensation désagréable que procure la faim ….?

Ne peut – on envisager que ce jeune enfant désire mettre fin à ce qu’ il éprouve lorsqu’ il a faim ?

L’ enfant perçoit que quelque chose ne va pas chez lui , en lui , il le manifeste par des cris .

Même s’ il n’ est pas en mesure de nommer ce qui se joue en lui , n’ est – il pas possible d’ envisager , comme l’ affirme Berkeley que toute perception correspond à un état de conscience qui la porte …?

Le nourrisson disposerait ainsi d’ un état de conscience qui lui permet d’ agir par des cris en vue d’ obtenir satisfaction d’ un besoin vital .

L’ enfant anticipe la satisfaction d’ un besoin vital , il comprend rapidement , il apprend que grâce aux cris il peut obtenir l’ apaisement de la tension que provoque en lui la faim .

Il est possible de constater une modification de l’ intensité et de la nature des cris chez l’ enfant de quelques semaines . Lorsque le bébé voit venir sa maman avec le biberon , il exprime une impatience teintée de satisfaction , de soulagement et de plaisir en anticipant l’ apaisement de la faim .

Pour le tout petit enfant l ‘ acte d’ être nourri est si important que de le réduire a un besoin primaire , sans y voir son rôle primordial ne me paraît pas envisageable …

Ce pose aussi dans cet acte et ce besoin , ce désir d’ être apaisé , un rapport à la vie et à sa continuité …

Le corps demande à être nourri et ce besoin devient essentiel , parce qu’ il porte en lui le désir de vivre …le désir de vivre s’ exprime au moyen de ce besoin …

Peut – on pour autant dire que l’ enfant qui connaît la satisfaction , l’ apaisement de la tension liée à la faim ou à tout autre besoin physiologique …qui a désiré cet état d’ appaisement soit heureux …?

Même si le désir de vivre est contenu dans la demande du nourrisson et que partant de là il peut être avancé que le nourrisson désire , peut – on penser que ce tout jeune enfant désir être heureux …?

Le bonheur recouvre t-il pour lui l’ absence de tension physique …?

Il est certain que cet élément là est fondamental pour le bien – être du nourrisson .

Le bien – être est – il le bonheur …Être bien , est- ce être heureux …?

Il est apparu que malgré la satisfaction des besoins physiologiques , de tous petits enfants mourraient alors qu’ aucune cause organique n’ avait été décelée …

Partant des constats de R. SPITZ , il apparaît que la satisfaction des besoins vitaux biologiques aussi fondamentaux qu’ ils soient , soit insuffisante au bonheur d’ un enfant .

Peut – être est – il trop prématuré pour parler de bonheur , quoi qu’ il en soit , ce qui apparaît , c’ est que l’ enfant ne semble plus désirer vivre, dans certaines situations …

Pour R. Spitz , c’ est l’ absence de maternage avec sa dimension affective qui génère ce non – désir de vivre , ce désir de mourir …

L’ enfant paraît posséder une capacité à ressentir et à reconnaître l’ affection dont il est entouré …

Il n’ y a pas de possibilité de simuler , il sait reconnaître naturellement s’ il est aimé …si la personne en soin de lui est authentiquement soucieuse de son bien- être et reliée à lui par un lien affectif de l’ ordre du sentiment …

C’ est peut – être là que réside réellement le désir chez un tout jeune enfant , c’ est en ces termes là que peut s’ exprimer son désir d’ être heureux …à savoir qu’ il a besoin d’ être aimé inconditionnellement …

Ici , désir et besoin se rejoignent , pas d’ opposition , pas de privilège de l’ un par rapport à l’ autre …

 

Ce qui peut expliquer cette compléméntarité entre désir et besoin , c’ est à mon sens le fait que chez le tout jeune enfant , il n’ n’ y a pas de détournement du désir , il s’ agit d’ un désir authentique qui est ce qui correspond à ce qui est nécessaire et indispensable au bien – être de l’ enfant…

Le désir ne connait pas de confusion , il est .

L’ enfant au travers de ce désir authentique recherche le bonheur  » ici et maintenant  » …l’ enfant vit l’ instant présent et c’est dans l’ instant présent que se vit le bonheur pour lui …

Et , c’ est lorsque ces besoins vitaux physiologiques et affectifs sont comblés qu’ il est heureux …

Ce bonheur est – il durable , le bonheur implique une notion de durée, me semble-t-il …

De plus , est – il possible de parler de bonheur sans liberté …

Peut-on être heureux sans être libre …? que signifie , être libre ?

L’ enfant qui est heureux , l’ est grâce à l’ intermédiaire d’ une autre personne qui prend soin de lui avec affection …

La dépendance à autrui ne peut- elle conduire à une alienation …? et donc , en ce sens , le bonheur que connaît l’ enfant ne peut perdurer , du moins s’ il reste dépendant à autrui …

Le désir d’ être heureux connait ainsi une modification , il évolue , toutefois , il me semble important de remarquer que nul ne saurait être heureux s’ ilsouffrait de faim ou de froid de manière règulière …

En ce sens , l’ enfant , avec ce désir simple de satisfaction de ses besoins physiques , primordiaux , satisfaction qui nous parait si naturelle et évidente , nous rappelle l’ importance que recouvre cette satisfaction …

Nous autres adultes pour la plus part , ne savons plus reconnaître le bonheur à ne pas souffrir de la faim ou de la soif …

L’ enfant qui évolue , l’ adulte qu’ il tend à devenir a bien d’ autres désirs à combler , à satisfaire pour être heureux , du moins le croit -il …

 

Il semblait difficile de poser le fait qu’ un tout petit enfant puisse désirer , pourtant pouvons – nous dire que ce n’ est pas le cas …?

De plus , le désir , dans cette hypothése qu’ un enfant désire , correspond authentiquement à ce qui est de l’ ordre du désir …le désir chez un enfant est pur désir …

Peut- on en dire autant concernant l’ adulte …?

Nombreux sont les « objets  » sur lesquels se porte le désir de l’ Homme , celui – ci espère trouver le bonheur en possédant tel ou tel objet , de préférence un objet rare …

Pourtant , si l’ on se réfère à ce que dit Rousseau ,  » l’ on est heureux qu’ avant d’ être heureux  »

Ainsi , l’ Homme ne trouverait pas le bonheur , il ne peut qu’ être heureux que tant qu’ il désire et non pas lorsqu’ il lui est donné de jouir de l’ objet de ses désirs , ou qu’ il le posséde…

A regarder de plus prés ce désir de possession , il apparaît que se dévoile un désir latent …

Posséder quelque chose , comme une belle voiture de luxe permet de sentir un regard censé être admiratif et envieux , regard d’ autrui …

Regard dans lequel l’ Homme recherche une image valorisante de lui -même …

Le désir , comme l’ affirme Hobbes , est  » le mouvement d’ une conscience qui veut être reconnue comme telle et non comme un objet « ;

L’ être humain , en perpetuel quète , avec des désirs mulitples et changeants , peut – il acceder à cette prise de conscience …?

Désirer posséder un objet , une situation sociale privilègié , est au final un désir de reconnaissance , en quelque sorte une dépendance au regard d’ autrui …

Tout comme le nouveau – né , le petit enfant est dépendant d’ autrui , l’ adulte qui voit son bonheur sous cet angle là est dépendant d’autrui …

La différence , c’ est que le tout petit enfant est dans une dépendance qu’ il est presque possible de qualifier de naturelle et necessaire …alors que l’ adulte est dépendant sans savoir ce qui le pousse à entrer dans une telle dépendance …

Ainsi , l’ enfant n’ est pas libre , presque par essence …de ce fait il n’ est plus possible de dire qu’ il n’ est pas libre …

L’ adulte qui doit le devenir reste esclave de désir qui  peuvent  l’ alièner , de ce fait il ne lui sera pas possible de connaître le bonheur …

Mais que recouvre cette notion de bonheur …trouver une définition universelle , est- ce possible …je crois que le définir simplement est ce qui est le plus pertinent …

 

Le bonheur , c’ est le bien – être , être bien , choisir le bien …? vaste question qui necessiterai encore des investigations étendues ..;que je ne vais pas effectuer ici …

A chacun de trouver ce que recouvre le bien – être …pour être bien …

 

 

Le désir , dans le cas ou l’ Homme accèderait au bonheur ne serait alors plus présent …

Pourtant , le désir est l’  » essence de l’ Homme  » nous dit Spinoza …

L’ enfant , connait le bonheur , le désir aussi …en ce sens que le désir est  » l’ effort pour perseverer dans son être » toujours selon Spinoza..

L’ enfant nous rappelle même ce  qui est en partie essentiel à notre bonheur , comme le dit Epicure , être heureux , c’ est  » la santé du corps et la sérénité de l’ Âme « …

Perseverer dans son être , peut être cette quète de la sérenité de l’ Âme , mouvement qui à mon sens ne peut qu’ être interrompu par la mort …

En ce sens , même connaissant le bonheur l ‘ être humain continue à désirer …

L’ Homme veut-il la sérénité de l’ âme ,

Que recouvre cette sérénité …?

Et , si la volonté n’ est qu’ une illusion comme le dit Spinoza, , même si l’ Homme pense vouloir acceder à cette sérenité , comment peut – il y arriver alors …?

Il serait interessant de rechercher ce que Spinoza a à nous apprendre au sujet de la volonté afin de comprendre pourquoi , malgré notre désir de bonheur , notre volonté de le trouver , nous y arrivons si peu …

Ce qu’ il  me paraît  encore  essentiel de  dire   ,  toujours  à  propos   du  tout  petit  enfant , c’  est que  s’  il  connait le bonheur ,  ce  n’ est  pas  en  l’ absence  totale  de souffrance  ,  au  sens  où  la  faim peut – être vécue  par  lui comme  un  état de souffrance…

Seulement  ,  il  attend ,  il  espère  , il  demande  et  met  en  oeuvre  un  comportement  qui  lui  permet  d’  obtenir  un  réponse  qui  sera  celle  qui  lui  permettra  de ne  plus  souffrir de la faim…

L’  enfant  sait  que  la  souffrance  ne  durera  pas , elle  lui permet  de  mieux  savourer  le  bonheur  d’ être nourri  et  de ne plus  souffrir.. le  bonheur  de  se  sentir  Aimé

Et  , nous  autres  adultes  , ne savons  nous  que  fuir  la  souffrance   , il serait  peut  – être  nécessaire  de  se demander  ce  qu ‘elle  a  à  nous  dire  …

Il serait  souhaitable   de  prendre  conscience que la souffrance  n’  est  pas  éternelle  et d’ apprècier  pleinement lorsqu’  elle  ne  se  fait plus  sentir …

Peut-être ,  est-  ce là  ,une  des  voies qui  peuvent  procurer  le  bonheur …

Voie   qu’ il nous  est  difficile  de  vouloir  empreinter …la  souffrance , nul  n’  en  veut …

Et  ,  pourtant …   

En d’  autres  termes ,  la  souffrance  ,  en  parite  acceptée  ,( non pas  recherchée  et  valorisée …comme   obligation  d’  être   victime  de  situation  inacceptable  à  n’ importe quel  prix ,  de manière  complètement  gratuite …)

La  souffrance  inhérente  à une  situation  vécue , sans  avoir  volontairement  et  le  plus consciemment  qu’il  soit  possible  de le faire  ,   voulu ,tout  en  ayant  préssenti  éventuellement  ce  passage …

 

Cette souffrance  ,   est  là  pour signifier qu’ il est  nécessaire  de  faire  un pas  ,  un  pas qui  peut  sembler  encore  plus  douloureux  que la souffrance ressentie  en ce  moment  …

Seulement  ,  ce  pas  est  indispensable  , et même  s’  il semble dans  un  premier  temps  effectivement  entrainer davantage de souffrance ,   en acceptant  de suivre cette  voie  , le soleil  finira par  briller  à nouveau… il  me  semble …

La  souffrance , non pas celle imposée  par  quelqu’  un à  une  personne  vulnérable , la  souffrance propre ,  celle  qui  reléve  de notre  condition d’  être humain et  que  nous  sommes  tous  amené  à rencontrer  un jour …

Cette  souffance est  la  pour  nous apprendre  le  bonheur…apprentissage  qui  dure  tant  que dure cette vie  sur  terre …   

 

Pas  de bonheur  sans avoir  connu  la  souffrance …pas  de bonheur   sans traversée  de  difficulté  et  de  desespoir …

Et  , c’  est  peut  -  être  pour  cete raison  que  nous  ne  savons que désirer  être heureux  ,  le  traversée  de la  souffrance et les moments  de désespoir , nous  ne  les acceptons  pas …

 

 

Posté par clairelise dans Non classé | 2 Commentaires »

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